Avant d’arriver chez Fernández, j’avais une idée assez classique des relations publiques. Des annonces, de la visibilité, de bonnes nouvelles bien emballées. Bref, le côté « vitrine » des organisations.
Disons que la réalité m’a rapidement rattrapé.
Chez Fernández, j’ai découvert que les relations publiques s’invitent surtout là où on ne les attend pas toujours : dans les décisions majeures, les virages stratégiques… et parfois, dans les moments franchement inconfortables.
Quand le récit devient stratégique
Les fusions et acquisitions sont souvent perçues comme des opérations strictement financières. C’est normal; elles sont couvertes par des journalistes économiques et se retrouvent dans les pages affaires. Ce sont toutefois et avant tout des opérations humaines et narratives. Ce sont des équipes qui se demandent ce que l’avenir leur réserve, des clients qui se demandent si ça va fonctionner et des partenaires qui essaient d’évaluer les impacts.
Dans ces moments-là, la communication ne doit pas être une tâche connexe. Un plan de communication exécuté par des professionnels est pratiquement aussi important que les contrats rédigés par les avocats.
Il permet de préserver la crédibilité et la confiance envers l’organisation, d’aligner les messages internes et externes, et, surtout, de donner un cadre clair au changement à tous les acteurs de la transaction.
Un mauvais récit peut fragiliser une transaction pourtant solide. Un bon récit peut, au contraire, en maximiser la valeur.
La séquence
La communication devient un sport d’équipe… Et un exercice de haute précision et d’agilité.
Qui informer avant qui? À quel moment? Sur quelle plateforme? Dans ce genre de moment charnière, les parties prenantes sont nombreuses et les attentes sont élevées.
Il n’y a pas de formule magique, pas de recette. Chaque cas est unique et il est nécessaire d’agir avec doigté et de n’oublier personne, tout en contrôlant notre message.
Les périodes plus sombres
Il y a aussi les dossiers dont on parle moins, mais qui font pleinement partie de la vie d’une entreprise : mises à pied, restructurations, fermetures ou crises internes.
Ce sont des dossiers exigeants, sensibles, parfois très lourds, mais toujours extrêmement humains.
Dans ces contextes, chaque mot compte. Le silence, l’improvisation ou les messages mal calibrés peuvent laisser des traces durables.
Aider indirectement la gestion
Les relations publiques ne sont pas qu’un outil de visibilité. Dans ce genre de situation, elles ont également une fonction indirecte dans la gestion de l’entreprise.
Le message qui sera capté par les médias et le récit qui se cimentera dans l’opinion publique dépasse largement la communication, il est névralgique pour l’avenir de l’entreprise et peut aider les gens d’affaires à mener leurs entreprises plus loin.
Évidemment, la communication n’est pas là pour masquer la réalité, mais pour l’expliquer, la contextualiser et l’assumer, en choisissant soigneusement la manière de le faire.
Bref, les moments charnières d’une entreprise ne se traversent jamais seuls. Et certainement pas sans une communication réfléchie, rigoureuse et profondément humaine.